Comment choisir du bon café ?
publié le 29/05/26
temps de lecture 5 min
Pour beaucoup d’entre nous, impossible de commencer une journée sans le doux glouglou de la cafetière. En France, 8 personnes sur 10 boivent du café régulièrement. Ce carburant officiel de nos cerveaux embrumés a pourtant un bilan corsé : transport depuis le bout du monde, déforestation, exploitation, montagnes de capsules non recyclées… Comment faire pour profiter de votre expresso tout en limitant la casse ?

Emresur via Unsplash
Dans cet article, on laisse un peu de côté l’aspect gustatif pour vous parler de critères sociaux et environnementaux… Mais, en toute subjectivité, un café bien élevé est souvent bien plus riche en saveurs !
Le contexte
Plus de 12 millions d’exploitations agricoles vivent du café, principalement dans des pays du Sud : Brésil, Colombie, Éthiopie, Vietnam, Honduras… Le problème, c’est que la majorité des producteurs ont des rémunérations insuffisantes. Les cours mondiaux font souvent du yoyo et une grande partie de la valeur est captée par les négociants et marques internationales.
À cela s’ajoute un énorme impact environnemental. Pour répondre à la demande mondiale, certaines régions ont industrialisé la culture du café : monocultures intensives, usage massif de pesticides, irrigation excessive et déforestation.
À la recherche de la traçabilité
Un café transparent mentionne le pays d’origine, voire la région et parfois même la ferme ou la coopérative, soyons fous ! Si l’altitude et la variété sont mentionnées, ainsi que la date de torréfaction, c’est le gros lot. La transparence est souvent un bon premier signe : le café est considéré comme un produit agricole vivant, et non comme une simple marchandise interchangeable.
Merci les labels
Comme d’habitude, une vraie certification indépendante n’est pas une baguette magique, mais garantit le respect d’un certain nombre de critères…
- Le Label Bio (AB ou Eurofeuille) : zéro pesticide, herbicide ou engrais de synthèse. Autrement dit, la base pour préserver la santé des sols et des cultivateurs ou cultivatrices. Les exploitations utilisent des engrais naturels (comme la pulpe de café recyclé, d’ailleurs !) et des techniques de lutte biologique contre les insectes.
- Les labels du commerce équitable : ils garantissent un prix minimum d’achat, des partenariat durables, des conditions de travail et de rémunération dignes, et la possibilité d’investir dans la transition écologique. Fairtrade Max Havelaar, SPP (Symbole des Producteurs Paysans), World Fair Trade Organization… Chacun a son cahier des charges !
Et Rainforest Alliance ? Ce label très présent chez les grandes marques met l’accent sur la gestion durable des fermes (protection des cours d’eau, réduction des pesticides…) et les conditions de travail décentes. Il est cependant bien moins exigeant que les labels précédemment cités. En bref, c’est une sorte de minimum syndical (néanmoins recommandé par WWF) pour les cafés de la grande distribution !
De l’ombre et des oiseaux
À l’origine, le caféier est une culture d’ombrage : la plante s’épanouit à l’ombre des grands arbres de la forêt tropicale. Les oiseaux nichent, les insectes vivent tranquillement et le sol reste fertile naturellement. Mais, dans les années 1970, on a créé des variétés de café résistantes au soleil. On a rasé des hectares de forêts pour planter des caféiers en monoculture. Dans ces conditions, l’eau s’évapore, la terre s’appauvrit et les parasites adorent ça. Pour compenser, on arrose massivement d’engrais chimiques et de pesticides. L’alternative ? La crème de la crème de l’agroforesterie, les cafés cultivés à l’ombre. Ces derniers peuvent bénéficier du label Bird Friendly, issu de la Smithsonian Institution, garantissant des cultures bio, sans déforestation et respectueuses de la biodiversité. Pour ne rien gâcher : le développement plus lent des cerises de café offre des saveurs plus complexes.
La café de spécialité, le top
Si vous voulez aller plus loin, tournez-vous vers le vaste monde café de spécialité. Un terme qui englobe à la fois la grande qualité gustative (le café doit obtenir un score de plus de 80/100 lors d’un processus d’évaluation mis en place par la Speciality Coffee Association) mais aussi l’entière traçabilité, de la ferme à la tasse. C’est en réalité toute une démarche, du choix de la variété pour un terroir spécifique à la méthode de préparation, en passant par la torréfaction parfaite !
Comment en trouver ? En dénichant un torréfacteur artisanal indépendant qui connait bien ses circuits d’approvisionnement et ses cafés. Et/ou en vous tournant vers une marque française qui source (en payant les producteurs souvent plus que les standards du commerce équitable !) et torréfie ses cafés avec soin, pour une qualité de haute volée.
Nos préférées ? Lomi, Moxka, Loutsa et L’arbre à café !
Le piège de l’emballage
Le pire ? Les capsules en aluminium – un matériau certes recyclable à l’infini – ou en plastique non rechargeables. Les filières de recyclage ont bien progressé ces dernières années. Mais, comme le souligne Que Choisir, il y a des pertes, “le processus industriel est énergivore et source de pollution chimique” et “la hausse de la demande mondiale en aluminium n’est pas soutenable et doit pousser à le remplacer par des matériaux renouvelables”.
Le mieux ? Le café en grain ou moulu. D’ailleurs, acheter son café en grain, à moudre chez soi, c’est aussi le secret d’un café bien plus aromatique. Eh oui, les arômes s’évaporent très vite ! Si vous ne pouvez pas vous passer de votre machine à dosettes, il existe désormais des capsules rechargeables (par exemple chez Caps’me) ou des dosettes en papier compostables (attention à bien vérifier la présence de la mention Home OK compost).
Des alternatives savoureuses
Le café vient toujours de loin, ce paramètre n’est à ce jour pas négociable. Mais il existe bien des alternatives plus locales (et sans caféine !).
- La chicorée, une plante cultivée dans le nord de la France et en Belgique. On aime beaucoup son petit goût de noisette ! Plusieurs marques dépoussièrent le secteur, comme Nourée ou Cherico.
- Le café de lupin, fabriqué à partir de graines de lupin torréfiées. Celui de Lupi Coffee vient de champs français et allemands !
- Le café d’orge, traditionnel en Italie, réinterprété par exemple par Graine de Breton.

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