Comment choisir un déodorant ?
publié le 20/03/26
temps de lecture 5 min
Objet du quotidien presque banal, le déodorant fait pourtant partie des produits cosmétiques souvent controversés. Derrière la promesse de fraîcheur se cache parfois une composition discutable pour la santé et l’environnement. Alors, comment dénicher une alternative plus responsable ?

Photo de bady abbas sur Unsplash
Déodorant ou anti-transpirant ?
Ce n’est pas du tout la même chose ! Les anti-transpirants visent à réduire la transpiration en obstruant temporairement les glandes sudoripares grâce à des sels d’aluminium. À l’inverse, les déodorants n’agissent pas sur la production de sueur : ils limitent simplement les odeurs en réduisant les bactéries responsables de la dégradation de la sueur et/ou en misant sur l’absorption des odeurs.
Mais, la vie n’est pas simple : certains produits étiquetés “déodorants” peuvent tout à fait contenir des sels d’aluminium, si le fabricant l’a jugé nécessaire. Seule la liste d’ingrédients permet de connaître la composition exacte.
La question épineuse des sels d’aluminium
Attardons-nous sur ces fameux sels d’aluminium, qui n’ont pas bonne réputation, loin de là. Pourquoi ? Ils sont accusés d’augmenter le risque de certaines pathologies comme le cancer du sein.
Alors, en résumé : en France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s’est penché sur le sujet dans un rapport publié en 2011. Problème : “le devenir de l’aluminium après exposition par voie cutanée est très mal connu. Les études publiées sont de qualité insuffisante et ne répondent pas aux exigences actuelles”.
En se basant sur des études sur de la peau humaine in vitro, cette évaluation recommandait tout de même de “restreindre la concentration d’aluminium dans les produits antitranspirants ou déodorants à 0,6 %” et de ne pas utiliser de produits contenant de l’aluminium sur une peau lésée (micro-coupures, irritations…).
Cependant, les industriels relèvent de la règlementation européenne. En 2014, un premier rapport du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) faisait état du manque de données pour réaliser une évaluation des risques. Décidément ! Selon le deuxième rapport (2020), une peau saine constitue une barrière très efficace. L’analyse de l’exposition systémique dans des conditions réelles a conclu que l’utilisation de composés d’aluminium était sûre pour les consommateurs et consommatrices, jusqu’aux concentrations équivalentes en aluminium suivantes : jusqu’à 6,25 % pour les déodorants et antitranspirants (non-sprays) et jusqu’à 10,60 % pour les sprays.
Aujourd’hui, de nombreuses institutions scientifiques concluent à l’absence de liens entre cancer du sein et anti-transpirants au sel d’aluminium, en France (Fondation pour la recherche médicale, Institut national du Cancer…) et dans d’autres pays (National Cancer Institute aux Etats-Unis, Société canadienne du cancer…).
👉 Pour approfondir le sujet, voici notre article sur les sels d’aluminium dans les déodorants.
Ceci dit, on peut toutefois considérer, comme le note l’Institut National de la Consommation (INC), que “par son mode même d’action (blocage d’une fonction physiologique), l’anti-transpirant [et donc l’usage de sel d’aluminium, ndlr] n’est pas le cosmétique idéal”.
Les autres ingrédients à surveiller…
… Comme certaines substances de la famille des parabène, à l’image du propylparabène, utilisé comme conservateur. “C’est un perturbateur endocrinien fortement impliqué dans le dérèglement hormonal. En 2013, le Comité scientifique européen (CSSC) a d’ailleurs recommandé un abaissement des concentrations maximales autorisées, jugeant, pour lui comme pour le butylparabène, que «les preuves de la sécurité de leur usage dans les cosmétiques n’ont toujours pas été apportées»”, indique ainsi Que Choisir, mettant aussi en avant le cyclopentasiloxane, un dérivé du silicone fortement suspecté.
Les parfums et l’alcool sont très fréquents dans les formules classiques : à éviter si possible si vous avez une peau sensible, car ils peuvent provoquer irritations ou réactions allergiques.
Certains antioxydants, BHA et BHT sont à éviter : “on leur reconnait un pouvoir allergisant qui les a fait classer dans la catégorie des excipients à effets notoires”, note l’INC, tandis que les vitamines C et E ne posent pas de problème.
Alors, quels ingrédients privilégier ?
Les alternatives naturelles ne se contentent pas de supprimer les substances controversées : elles reposent aussi sur des ingrédients actifs efficaces. Parmi les plus courants :
- Le bicarbonate de soude, connu pour neutraliser les odeurs.
- Les huiles végétales, qui protègent et nourrissent la peau.
- Les poudres minérales ou végétales (argile blanche, poudre de riz) qui absorbent l’humidité.
Emballage, format… Que choisir ?
La présentation sous forme de spray présente des risques, selon Que Choisir. D’abord, un risque d’inflammabilité (car les gaz propulseurs sont des hydrocarbures, butane, propane ou isobutane). Et ensuite, le risque lié à la dispersion d’une bonne quantité de composés volatils organiques (COV) : ”chaque fois qu’on le vaporise, le spray projette un nuage de minuscules gouttelettes qui se déposent sur la peau mais se diffusent aussi dans l’air de la pièce. Tous les matins, on inhale ce cocktail de substances qu’il vaudrait mieux ne pas respirer au vu de la composition des produits”.
Les autres formats, déo “bille” ou “stick” sont donc clairement préférables. Pour limiter l’impact des emballages, on a de plus en plus d’options : déodorants rechargeables, packagings en carton…
Dernière chose : un bon déodorant est bien sûr celui qui fonctionne sur VOUS (et nous ne sommes pas égaux face à la transpiration, qui dépend de très nombreux facteurs), parce qu’il est efficace et agréable à utiliser !
🩷 Pour conclure, on vous partage nos petits préférés pour la route : le déodorant Fleur de Coton des Petits Prödiges, le déo naturel aux probiotiques de La Crème Libre et le déodorant solide au beurre de cacao de Comme Avant.

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