Comment courir durable ?

publié le 10/04/26

temps de lecture 6 min

À première vue, la course à pied est le sport le plus simple et accessible du monde : il suffit de sortir à l’extérieur… et de courir ! Quand on regarde de plus près, cette pratique sportive peut avoir de nombreux impacts non négligeables, allant de la fabrication de la paire de basket au choix de la course. Voici quelques conseils pratiques pour cavaler allègrement et beaucoup plus légèrement.

Un groupe de personnes qui court dans la nuit.

Photo de Fitsum Admasu sur Unsplash

1. Le choix de la paire de baskets…

C’est un peu la base : difficile de courir sans baskets. Le problème, c’est que la chaussure de running est un produit complexe à fabriquer, souvent composé de colle et de nombreuses matières différentes. En moyenne, une paire de chaussures de sport émet 20,1 kg CO₂e au cours de son existence, selon l’Ademe. Alors, hors des multinationales qui produisent en Asie du 100% pétro-sourcé dans des usines fonctionnant au charbon, est-ce qu’il y a un salut ? Mais oui, beaucoup de marques font des efforts !

En choisissant votre prochaine paire, vous pouvez donc vérifier : la transparence de la fiche produit, le lieu de production et les matériaux… Nombreux ou minimalistes ? Recyclés ? Biosourcés ? Emily Spiesser, du service consommation responsable de l’Ademe, précise ceci dit dans cet article de Que Choisir que “biosourcé veut dire issu de la biomasse, maïs, fibres de bois… Ces matières permettent de réduire l’empreinte carbone d’un produit, mais elles ne sont pas forcément plus vertueuses pour l’environnement. Il faut regarder leur impact global, sur la biodiversité, l’eau, etc.”

Jetez aussi un œil au critère de la circularité : en effet, certaines marques proposent de reprendre les paires usagées pour gérer leur fin de vie. Enfin, les baskets choisies résistent-elles bien à l’usure ? Car l’idée serait de les garder le plus longtemps possible (et sans céder aux “innovations” fréquentes des marques) ! Pour avoir l’info, consulter les avis clients peut être une option.

Pour la route, quelques pistes à explorer :

  • Circle Sportswear, plus de détails dans notre sélection ci-dessous !
  • La gamme Condor de Veja : des paires fabriquées au Brésil (dans des conditions bien meilleures que celles des usines des géants du secteur en Asie) avec un choix de matières très pointu pour limiter l’impact final.

2. … Et des vêtements !

Les textiles techniques sont souvent composés de matières synthétiques issues de la pétrochimie (polyester, polyamide, nylon…). Eh oui, celles-ci ont des caractéristiques essentielles pour vous suivre dans vos aventures : légèreté, respirabilité, séchage rapide, élasticité…

Que faire ? Les matières recyclées sont un bon compromis entre performance et impact environnemental. Polyamide recyclé, nylon recyclé… On limite l’extraction de nouvelles ressources et les déchets… Mais cela reste un processus énergivore et cela ne règle pas le problème des microplastiques libérés à chaque lavage ! Autre solution, la laine mérinos est respirante et anti-odeur. Et certaines marques choisissent le Tencel, une matière produite à partir de fibre de bois qui évacue la transpiration rapidement et régule la température corporelle.

De manière générale, comme pour les baskets, une marque engagée vous donnera des informations claires (et pertinentes !) sur les tissus, le lieu et les conditions de fabrication, l’impact carbone…

Enfin, l’alternative la plus efficace est surtout d’investir dès le départ dans des vêtements durables ET polyvalents pour ne pas multiplier les tenues. De bons basiques, y’a que ça de vrai ! Garder les vêtements plus longtemps est aussi bien sûr une bonne piste pour limiter leur impact. Beaucoup de pièces peuvent bénéficier du bonus réparation !

 

3. L’entraînement

Le running peut parfois générer des déplacements inutiles en voiture. Alors au lieu de chercher le spot parfait, on peut explorer notre environnement proche, en partant directement de chez soi si c’est possible, ou en utilisant en premier lieu les transports en commun ou le vélo pour rejoindre un point de départ. C’est même l’occasion de redécouvrir votre quartier, votre ville ou le parc du coin sous un nouvel angle !

Courir durablement, c’est aussi protéger les terrains de jeu : rester sur les sentiers pour préserver la faune et la flore, éviter les zones protégées et ne laisser aucun déchet derrière soi.

 

4. Les courses

Sauf si faire le Marathon de New York est le rêve de toute votre vie… Il y a des courses alternatives beaucoup plus proches, à rejoindre potentiellement en train ou en covoiturage ! En effet, l’impact du transport des participants et participantes est non négligeable. Par exemple, l’organisation globale de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) génère 18 600 tCO2e soit 1,6 tCO2e par coureur ou coureuse. 86% de l’empreinte carbone de l’événement est liée aux déplacements pour venir et quitter les lieux.

Alors, quelles sont les questions à se poser si on veut choisir un événement qui fait attention à son impact ? En vrac : est-ce que les gobelets sont réutilisables ? Est-ce qu’on se passe bien de bouteilles d’eau en plastique ? De quoi est composé le ravitaillement ? Est-ce que l’équipe d’organisation calcule son empreinte carbone ? Est-ce qu’on évite les goodies inutiles qui finiront dans un placard ? Peut-on refuser la médaille lors de l’inscription ? Est-ce que la signalétique est réutilisée d’une année sur l’autre ? Comment sont organisés les transports (navettes ? Incitations au covoiturage ?) ? Ensuite, à vous de voir où est-ce que vous placez vos curseurs !

Pour nous aiguiller, le label Trail Runner Foundation atteste du bon respect d’une “charte pour un trail écoresponsable” (valable aussi sur une course classique, un marathon…). Fair For The Planet a une approche plus large et labellise des évènements sportifs en général. Certaines courses font même de l’écoresponsabilité une “spécialité”, comme le Marathon Vert Rennes ou les courses Run for Planet à Bordeaux, Paris, Lyon ou Nantes.

 

5. L’alimentation, fuel des coureurs et coureuses

Beaucoup de barres énergétiques et gels sont ultra-transformées. La première alternative ? Trouver des marques qui font les choses bien, comme par exemple COOKNRUN : des barres protéinées et énergétiques, des boissons d’effort ou encore des “ultra-crakers” certifiés bio et concoctés dans le labo de la marque à Angers.

Alternative n°2 : cuisiner vos propres en-cas. On vous conseille par exemple le blog de Nicolas Aubineau, diététicien nutritionniste et auteur de plusieurs livre sur la nutrition sportive. Parmi ses recettes, vous trouverez par exemple des barres, des gels énergétiques maison ou encore des pâtes de fruits…

Enfin, pour la grande majorité des amateurs et amatrices, des aliments ultra-simples sont largement suffisants pour préparer et accompagner l’effort, voire récupérer : banane, fruits secs, pain et purée d’oléagineux et bien sûr de l’eau !

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